Interview exclusive de Tatiana-Laurence Delarue

Vous avez peut-être découvert Tatiana-Laurence Delarue dans Secret Story 1. Ce n’est pourtant pas de son parcours de télé réalité qui va être question dans cette interview.

En effet, aujourd’hui, c’est la journée de la femme. Tatiana-Laurence Delarue vient en aide aux femmes battues grâce à son association Rose-Jaune. Pour cette journée de la femme, elle nous a accordé l’interview que voici :

 

Toutsurlatelerealite : En ce samedi 8 Mars c’est la journée de la femme : avez-vous l’impression que les violences envers les femmes régressent ?

Tatiana-Laurence Delarue : Heureusement que la lutte avance mais ce n’est jamais assez vite car, pendant que les lois sont constamment dans l’avancée, concernant les droits des femmes, malheureusement on peut constater, avec stupéfaction, que certains procureurs, ou juges, ne les appliquent pas et classent un trop grand nombre d’affaires de violence conjugale sans suites…

C’était la grande cause nationale en 2010 lorsque j’ai publié mon premier livre Au Nom Des Femmes Battues aux éditions Josettes-Lyon. Mais le gouvernement n’a pas réellement planché sur un des derniers tabous meurtriers de notre société.

Une femme, ou fille, sur dix foyers, juste en France, est victime de violence physique, psychologique ou sexuelle. Une femme, ou fille, tous les trois jours, rien qu’en France, décède sous les coups de son compagnon de vie.

Qu’attend notre nouveau gouvernement ? Au lieu d’aller payer une musique qu’un label leur a vendue pour leur image respective, il serait bien d’appliquer de nouvelles lois qui apporteront aux personnes en danger de mort dans leur propre foyer. N’oublions pas que demain, notre mère, notre sœur, notre cousine, notre amie, notre tante, peut mourir d’un fémicide. Agissons pour de vrai !

 

Livre Au nom des femmes battues de Tatiana-Laurens Delarue

Livre Au nom des femmes battues de Tatiana-Laurens Delarue

 

 

Toutsurlatelerealite : Votre association Rose-Jaune vient en aide aux femmes battues. Concrètement, si une femme se sent battue où se situe votre association et comment vient-elle en aide aux femmes ?

Tatiana-Laurence Delarue : Les femmes, ou filles, ou hommes qui contactent mon association ont des demandes différentes. Si c’est un renseignement pour savoir si les brimades du quotidien font parties des violences conjugales, nous les renseignons car beaucoup de victimes sont dans le déni.

Si c’est une personne en danger, nous préparons au mieux son départ du foyer, vers un lieu familiale plus sure, avant de leurs proposer des aides judiciaires etc… L’association Rose-Jaune agit de manière gracieuse, puisque Maître Mouhou, avocat à la cour de Paris et de Rouen, qui est spécialisé des violences dans le foyer, aide les victimes de l’association Rose-Jaune. L’aide commence par un rendez-vous téléphonique et peut se concrétiser par une protection judiciaire, une représentation en palais de justice pour un divorce, une plainte avec ITT ou une garde d’enfants…

En tant que Présidente, je me dois de venir faire des colloques dans l’éducation nationale, dans les écoles de médecines, les foyers, maisons de quartiers etc…..ainsi que de me déplacer vers une victime, pour l’emmener voir un docteur, un gynécologue, un chirurgien, un médecin légiste pour constater les coups et blessures par exemple…

De plus, je me sers de ma petite notoriété pour en parler un maximum dans les médias, histoire d’aller attraper les victimes chez elle, grâce à la télévision, la radio, internet, la presse etc…

 

Toutsurlatelerealite : Quel est, pour vous, le premier symptôme permettant de montrer qu’une femme est battue ?

Tatiana-Laurence Delarue : La violence conjugale a plusieurs stades. Cela commence toujours par des micro-violences qui permettent à l’agresseur de soumettre sa proie pour, une fois le cerveau prêt et soumis suffisamment, d’intégrer la première gifle sans que l’agresseur soit en danger. Les micros-violences ne sont pas faciles à détecter, c’est pour cela que notre gouvernement doit éduquer les enfants à la violence conjugale comme il est fait pour la sexualité, la contraception, les MST etc… La violence conjugale commence avec la micro-violence et termine avec la mort.

 

Toutsurlatelerealite : Vous êtes régulièrement invitée sur les plateaux télévisés comme Sans aucun doute sur TMC ou récemment Toute une histoire sur France 2. Avez-vous l’impression que votre image de candidate de Secret Story vous colle toujours à la peau ou bien invite-t-on Tatiana-Laurens Delarue, présidente de son association ?

Tatiana-Laurence Delarue : Si c’était Tatiana de Secret Story 1 qui était mise en avant, j’ai bien conscience que cela fait plus de six ans qu’on ne m’appellerait plus. Encore plus aujourd’hui, il y’ a des télés réalités chaque mois à la télévision, il y’a des candidats à gogo, (It’s Raining candidates) [rires].

Donc on le sait bien, si tu n’intéresses pas pour une raison ou pour une autre, tu es monté en « stars de l’été » puis redescendu par les mêmes en trois quatre sept. Certains intéressent en se montrant gueulard et désagréable pour exister. Moi je n’ai pas laissé le choix aux médias de s’intéresser à moi au travers ma lutte, car cette cause fait partie entièrement de moi, donc c’est avec ou rien du tout…

Mais en même temps, j’ai bien conscience que sans la notoriété qui est née dans Secret Story 1, on ne m’aurait jamais laissé me battre médiatiquement pour ma cause. Alors, dans le fond, je suis bien heureuse de cela. J’ai la parole alors que beaucoup ne l’auront jamais !

Puis si je ne me serais pas battue pour mettre en avant ma lutte dès la sortie du jeu, les questions ne porteraient que sur La Maison des secrets, sans profondeurs, sans intérêts, alors j’ai dû prendre un risque, que souvent les candidats de jeux ne prennent pas, par peur de ne plus exister dans les médias : celui d’imposer aux animateurs qui m’invitaient sur les plateaux télévisés ou aux intervieweurs de presse, de diriger leurs questions sur nos métiers, nos activités etc… Et si, ce que nous faisions dans notre vie ne les intéressaient pas, et bien ils pouvaient retirer leurs invitations. Je n’avais pas peur qu’on ne parle plus de moi, je voulais surtout qu’on parle réellement de moi, ou qu’on me laisse tranquille…

Il n’y a pas le choix que de s’imposer lorsqu’on sort d’un tel programme si on veut un peu de profondeur car ce n’est pas ce qui est recherché.

Alors au début, certains ont boudé, puis, comme vous pouvez le constater, j’ai était accepté avec mon intégrité entière.

 

Toutsurlatelerealite : On en parle moins, mais les violences envers les hommes existent aussi. Connaissez-vous les chiffres ? Votre association peut-elle aider ses hommes battus ?

Tatiana-Laurence Delarue : Tout à fait, il n’y a pas de sexe, pas de sexualité, pas de religion, pas de milieu social, pas de continent. La violence conjugale n’est pas pratiquée sur les êtres moins intelligents, moins riches, moins forts, avec moins de caractère, loin de la. Tout cerveau peut être soumis. On parle plus de la violence dans la classe ouvrière que chez les nobles, les stars ou les sangs bleu et pourtant …

 

Toutsurlatelerealite : Sans entrer dans des débats politiques – vous n’avez sans doute pas envie de dévoiler votre opinion politique – Najat Vallaud Belkacem, en tant que ministre du Droit des femmes, a fait voter l’interdiction de la prostitution au nom de la dignité des femmes. Pensez-vous que cette mesure était nécessaire ?

Tatiana-Laurence Delarue : Vous vous imaginez bien que j’ai un avis sur tout, et encore plus lorsqu’il s’agit de la condition de la femme en général. Mais en tant que Présidente d’association qui lutte contre la violence conjugale, je préfère porter ma voix que sur ce fléau que je connais dans ma chaire, pour lequel je me bats positivement, pour venger ma maman et toutes les autres… Merci.

 

Toutsurlatelerealite : Aimeriez-vous avoir un jour un rôle plus important dans votre soutien aux femmes ? Est-ce que cela pourrait passer par un rôle politique ?

Tatiana-Laurence Delarue : Je préfère être réellement sur le terrain pour essayer de sauver des vies humaines, que d’acheter une musique à un label pour faire placébo sur mon réel travail d’engagement dans la lutte des victimes de violence conjugale.

Je préfère rester une Présidente d’association qu’une femme politique qui fera du faux semblant devant sa cour d’admirateurs et qui, dans le fond, laissera crever sur le carrelage des foyers français, nos mamans, nos filles, comme ils le font tous depuis avant même le décès de ma maman…

Je me battrai avec mes petites armes jusqu’à éradication total de ce tabou destructeur encore trop banalisé parce que c’est ainsi que, dans mon histoire grise, je me suis forgé un amour pour la vie au-delà de l’entente et je souhaite cela à tous.

La vie m’a offerte une seconde chance : celle de pouvoir rallumer la lumière sur mon âme.

Rien ne pourra m’empêcher alors d’accueillir enfin la liberté, ma liberté d’exister au travers mes écrits où toute autre forme de vitalité qui marquera tout au long de mon chemin, à l’encre indélébile, que mes anciennes ombres n’auront pas réussi à me plonger dans l’obscurité et le néant. 

 

Photo de Tatiana-Laurens Delarue

Photo de Tatiana-Laurens Delarue

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2 réflexions sur “Interview exclusive de Tatiana-Laurence Delarue

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